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Blaise Cendrars, la légende bourlingueuse « Frédéric-Louis Sauser, plus connu sous le pseudonyme de Blaise Cendrars, voit le jour à la Chaux-de-Fonds, sur le territoire helvétique. Béret sur le côté, yeux pochés, sa trogne rubiconde de réclame enluminée pour vieux calvados n’est pas celle d’un troubadour académique : “J’ai réellement une sale gueule. Cela me réjouit”. Premier commentateur de la modernité, il ne cesse d’écrire sur le cinéma, la musique, la poésie, les peintres de la Ruche et les ivresses de Montparnasse. Léger, Chagall, Braque, Delaunay, Modigliani l’entourent. Il partage avec les plasticiens une même vision simultanéiste d’un temps en pleine mutation. Il n’est plus temps pour l’artiste de baguenauder en témoin de son époque et de bâtir un monument pour les générations à venir. « Tout tombe. Le soleil tombe. Nous tombons à la suite.” Alors place au poète, dont la tâche est de dire ce qui est, de savoir déchiffrer les signes de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux, trop soucieux qu’ils sont de l’instant, ils risquent de ne pas voir se profiler de lendemains.
Sa biographie voyageuse passe par Saint-Petersbourg, Buenos-Aires, le Portugal, le Brésil surtout, sa seconde patrie. Il observe plus qu’il ne vit la misère : “d’où me vient cet amour des simples, des humbles, des innocents, des fadas et des déclassés”. Ce diable de Cendrars et son galurin gris sont partout à la fois : Greenwich Village, à Montmartre, à New York où Marcel Duchamp et Francis Picabia jouent les trappeurs de l’avant-garde. Sa soif de confondre les horizons est immense, le choix redondant de ses livres en témoigne : “Au coeur du monde”, “Du monde entier”, “La fin du monde”, “emmène moi au bout du monde”. Il tend son bras unique (l’autre ayant été amputé le 26 septembre 1915 dans la boue des tranchées) vers l’art nègre, vers Walt Whitman, vers les chercheurs d’or en Alaska, les eaux claires du lac Baïkal ou les terres aléoutiennes. Partout la poésie est en jeu, il n’y a qu’à la regarder au dehors pour la voir à l’oeuvre, pure musicalité, parfums orgiaques, abécédaires du mouvement. Voilà ce qu’il disait déjà dans la prose du Transsibérien : “Toute vie n’est qu’un poème , un mouvement. Je ne suis qu’un mot, un verbe, une profondeur, dans le sens le plus sauvage, le plus mystique , le plus vivant”.
Patrice Delbourg
Site internet de Patrice Delbourg : ICI Au programme :- Une évocation de Blaise Cendrars à travers douze textes courts écrits et lus par Patrice Delbourg révélant ainsi les multiples facettes de celui qui a placé son œuvre sous le signe du voyage et de l’aventure : 1- L’appel de l’aventure 2- Le Transsibérien 3- Les Pâques à New York 4- L’amitié des peintres 5- La main coupée (1915) 6- Les poèmes élastiques 7- Le Brésil 8- L’Or 9- L’Art nègre 10- Hollywood 11- Moravagine 12- Bouche cousue - Des poèmes, des nouvelles, des extraits de romans… nés de la plume de Blaise Cendrars et lus par Eric Cénat - Un montage de diverses diapositives projetées sur un écran par vidéoprojecteur. Il s’agit de photos de Blaise Cendrars et de ses proches ainsi que des peintures, des dessins et des huiles liés aux textes lus.
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